mardi 31 juillet 2007

Voici une réponse du journaliste britannique Robert Fisk à la question fatidique : Quel avenir pour l'Irak ?

Robert Fisk : C'est le même problème que nous avons au Liban. Et j'ai écrit la même chose dans mon nouveau livre sur l'histoire du Liban, Nation martyre. L'Occident aime toujours diviser l'Orient. Regardez les cartes qui sont imprimées dans nos journaux. Dans la carte du Liban, les chiites sont toujours situés en bas, les sunnites un peu plus haut, et les sunnites et les maronites à Beyrouth, et les sunnites à Tripoli. Nous créons les mêmes cartes pour l'Irak : les chiites en bas, le "triangle sunnite" (ou un octogone !), et puis les Kurdes. Nous aimons toujours regarder l'Orient comme une collection de tribus. Mais jamais je n'ai vu une carte confessionnelle d'Aulnay-sous-Bois, ou de Marseille, ou de toutes les banlieues de Paris, ou de Birmingham, en Angleterre. Parce que notre grande civilisation est unifiée et forte. Vous voyez ce que je veux dire ? Pendant la guerre entre l'Iran et l'Irak, 70 % de l'armée irakienne était chiite. Mais ils ne se sont pas mutinés contre leurs camarades sunnites. Je ne pense pas que les Irakiens veulent une guerre civile. Mais quelqu'un veut une guerre civile. Pourquoi ? Pour diviser les Irakiens et détourner l'attention de l'occupation ? Vraiment, les Américains ont besoin de quitter l'Irak. Et vraiment, les Américains partiront d'Irak, mais les Américains ne peuvent pas quitter l'Irak. C'est l'équation qui change le sable en sang. Finalement, les Américains ont besoin de parler directement avec les chefs de l'insurrection. Et le plus grand parti dans cette insurrection a envoyé à mon journal, The Independent, à moi à Beyrouth, ses propositions pour un cessez-le-feu et un retrait américain d'Irak. Ils veulent 1) des négociations directes avec l'ambassadeur américain à Bagdad ; 2) des négociations directes avec le commandant en chef de l'armée américaine en Irak ; 3) ils veulent que le gouvernement américain désavoue le gouvernement irakien de M. Maliki ; 4) ils veulent une réparation financière de tous les dommages infligés à l'Irak depuis 2003 ; 5) ils veulent l'annulation de tous les lois et règlements de Paul Bremer, en particulier ils insistent sur le fait que l'or noir d'Irak appartient au peuple d'Irak, et pas aux étrangers. Je sais bien qu'il est impossible maintenant pour M. Bush de désavouer M. Maliki, mais les déclarations que j'ai reçues montrent bien que les insurgés veulent une solution négociée, pas seulement une victoire militaire.

Extrait d'un forum sur le site Le Monde.fr

dimanche 29 juillet 2007

Les "lions des deux fleuves" ont gagné !

J'ai pleuré comme un enfant.
L'équipe irakienne de Football a remporté la coupe d'Asie face au favori qu'était l'Arabie Saoudite. Les joueurs irakiens se sont déchaînés sur le gazon du stade olympique de Jakarta. Ils la voulaient cette victoire et ils la méritent largement.
Là où les hommes politiques ont échoué, une équipe composée de sunnites, chiites, kurdes et turcomans a donné l'exemple. Enfin une victoire de l'unité!
Tout ce que le gouvernement irakien a trouvé à faire, c'est d'interdire la circulation des voitures à Bagdad...

Une phrase du commentateur de la rencontre : "L'Irak n'était pas confessionnelle, les joueurs viennent de prouver qu'elle ne le sera jamais"

« Tout ce que voulaient ces mercenaires, c'était se défouler »

http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2310218&rubId=786

mercredi 25 juillet 2007

Mais qui peut bien faire ça?

Et voilà, un peu de joie pour une grande tristesse. Extrait d'une dépêche AFP :

"La première voiture piégée a explosé au milieu d'une foule compacte dans le quartier de Mansour, tuant au moins neuf hommes. Une soixantaine de personnes, dont des femmes et des enfants, ont également été blessées dans cette explosion, a-t-on appris de source hospitalière."J'étais en voiture avec mes amis, autour de nous les gens fêtaient la victoire lorsqu'une énorme explosion accompagnée de grandes flammes s'est produite", a expliqué un témoin."

Pas possible de fêter une victoire sportive dans ce pu..... de pays.

Et pourquoi pas un peu de joie!?







L'équipe nationale irakienne de Football vient de remporter la demi-finale contre la Corée du sud aux tirs au but! Les irakiens, qui avaient acheté de l'essence en plus pour les générateurs électriques afin de ne pas rater le match à la tv, ont de quoi être fier! Coupures de courant oblige...
Ce message s'adresse aux irakiens de Bagdad. S'il vous plaît, ne tirez pas trop en l'air. Car les balles redescendent. Exprimez votre joie en klaxonant. Lorsque l'Irak a gagné contre le Vietnam, la célébration a provoqué la mort de trois habitants.
Malgré la violence, l'exploit a été possible. Lire la dépêche de Reuters.

Bravo à l'équipe nationale qui est un exemple d'unité. Messieurs les ministres, prenez exemple!!






Putain deux ans !

Selon un article paru dans le New York Times , l'armée américaine prévoit de rester en Irak "au moins" jusqu'en 2009 et si elle "parvient à rétablir la sécurité d'ici 2008...
En supposant qu'il faudrait des mois pour se retirer complètement, on peut espérer un dénouement d'ici 2010, voire 2011, toujours selon ce plan militaire proposé au pentagone. Pas sûr qu'il soit adopté par ce dernier sous l'administration actuelle. En politique, la girouette ne sait plus où donner de la tête.
Le Monde parle aussi de cet éventuelle stratégie militaire ici.

dimanche 22 juillet 2007

"Quelque chose se prépare"

A chaque saison son marronier. La situation en Irak a le sien. Tous les étés, une rumeur enfle comme pas possible autour d'un "changement", d'une "rupture" comme dirait l'autre. Les premiers disent que les américains préparent un coup d'Etat. Pour d'autres, "quelque chose va se passer après l'été". Mais quoi ? Un miracle? Ou bien quelque chose de surnaturel?
Force est de constater que le gouvernement du Premier ministre Maliki ne tient qu'à un fil. Et que la Loi sur le pétrole va, difficilement ou pas, être entérinée. Mais soyons sérieux, la seule chose envisageable dans un court, voire moyen terme est le retrait américain dont même l'ambassadeur américain en Irak, ryan Croker, parle.
Je me méfie toujours des rumeurs. En général, les surprises arrivent sans prévenir.

lundi 2 juillet 2007

La dépêche AFP ou comment la mort devient une banalité

Je suis de retour en France depuis une semaine et je constate une chose : pour parler de l'Irak, il faut qu'un attentat dépasse la barre des 150 morts. Sinon, l'information passe sous la trappe. Il y a quelques semaines, le minima était fixé à 50 victimes. Qu'en sera-t-il dans quelques mois, voire quelques années ? C'est le triste constat d'une presse française peu encline à s'intéresser aux sujets internationaux. Heureusement, il y a des exceptions. Laurent Bazin, que je tiens à remercier, fait partie de ceux qui accordent une place (lorsqu'il y en a) aux oubliés des JT. Il n'hésite pas à m'inviter pour raconter la vie quotidienne des irakiens. Comme ce matin dans la matinale d'I-Télé où j'ai pu témoigner de ce qui se passe réellement là-bas. Merci encore Laurent pour ces quelques minutes où la guerre en Irak a pu occupé l'antenne quelques instants et a, je l'espère, suscité un intérêt auprès des téléspectateurs lassés des informations chiffrées...